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Dimanche matin, à La Trinité-sur-Mer, François Goulard était en compagnie de Xavier Bertrand, ministre du Travail et des relations sociales, et de Pierre Méhaignerie, vice-président de l'UMP, à la réunion des comités bretons de l'UMP. Je ne voterai pas contre tel ou tel article mais contre un projet mal conçu, mal préparé. Il manque de cohérence et de logique. Je ne voudrais pas que l'on donne le sentiment que l'on assiste à une réforme de la cinquième République alors qu'il n'en est rien. Nous n'assisterons pas à une vraie augmentation des pouvoirs du Parlement.
Comment pouvez-vous affirmer cela ?
Le passage du septennat au quinquennat pose la question du rôle respectif de Président et du Premier ministre. Il fallait clarifier le rôle de chacun. Ce n'est pas le cas. Il n'y a pas de modification des articles concernant leur relation. Le Premier ministre est-il « un collaborateur » ou un chef de gouvernement ? Si la question avait été posée comme cela, elle n'aurait eu aucune chance d'être acceptée par la majorité.
Le Parlement va quand même gagner en pouvoir ?
Je ne le pense pas ! Dans l'organisation actuelle, il serait incapable de fournir les textes pour remplir la moitié de l'ordre du jour des séances de l'Assemblée. Depuis toujours, sous la cinquième République, c'est le gouvernement, avec ses grosses équipes, qui prépare les propositions de loi. C'est un vrai changement culturel.
« Les gouvernementsne se forment pas à Intervilles »
Ne craignez-vous pas d'être marginalisé à l'UMP ?
Nous ne serons, c'est vrai, que cinq ou six à voter contre. Je ne me place pas par rapport à l'UMP mais par rapport au texte. C'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup travaillé. Ma position date d'avant l'élection présidentielle et je m'étais déjà exprimé là-dessus. Je suis contre la philosophie du texte car c'est un texte sans philosophie. En outre, je ne suis pas un tacticien, j'ai toujours voté en fonction de mes convictions. J'ai notamment voté contre la loi sur l'ADN.
Quels sont vos rapports aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy ?
Nos relations sont inexistantes. Il ne m'a d'ailleurs pas appelé pour parler de mon vote. Je respecte le Président de la République. J'ai apporté mon soutien au Parlement pour certains éléments de sa politique. En revanche nous avons des désaccords qui ne datent pas d'aujourd'hui notamment sur les institutions.
Bertrand contre Goulard à Intervilles, une équipe pour un futur gouvernement ?
Les gouvernements ne se forment pas à Intervilles. Xavier Bertrand m'avait déjà dit sa passion pour cette compétition entre deux villes. Il avait été le capitaine de l'équipe de Saint-Quentin il y a plusieurs années. Quand on nous a proposé d'être sous le regard de trois millions de téléspectateurs, nous avons accepté. Maintenant, il est vrai que je m'entends très bien avec Xavier Bertrand. J'aime l'homme et nos idées sont proches.
Recueilli par Daniel SÉITÉ.
les vendredi 22 et samedi 23 août.
Ouest-France