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Même s'il ne devrait pas jouer ce soir en raison d'une blessure au genou, Jackson Richardson (ici sous le maillot de l'équipe de France) sera à Lorient ce soir à l'occasion du match amical entre son club, Chambéry, et Lanester. : AFPC'était vraiment très beau, de tout point de vue. L'organisation était vraiment impeccable, ma famille et mes amis très proches étaient là, c'était très émouvant. Malgré tout je n'ai pas eu le temps de trop en profiter, en raison de toutes les sollicitations. Je ne voulais surtout pas me disperser, je tenais à rester concentré pour bien faire. À cause de mon problème au genou, j'avais tellement peur de la blessure, et de rater ma sortie...
Vous avez forcément jeté un coup d'oeil dans le rétro samedi soir. Que retenez-vous comme moments forts de votre carrière ?
Tout d'abord j'ai eu une carrière longue de 20 ans, ce qui est extra. J'ai connu trois générations en équipe de France, trois pays différents dans lesquels j'ai joué (1) et où j'ai eu la chance, à chaque fois, de remporter une coupe d'Europe. Plus généralement, je retiens le fait d'être un privilégié. J'ai pu faire de ma passion mon métier. Ce n'est pas donné à tout le monde. Il y a tellement de gens qui galèrent... Je me rends encore plus compte de ma chance, et je me dis que je n'ai vraiment pas le droit de me plaindre.
Vous parlez de vos vingt ans de carrière, quelles personnes ont le plus compté dans votre vie de handballeur ?
La première, c'est mon frère. Il m'a apporté toute la base, le b.a.-ba du hand, comme la maîtrise de la balle et la sensation que cela procure. Il m'a vraiment permis d'avoir fait la carrière que j'ai faite aujourd'hui. Après, il y a bien sûr eu certains entraîneurs que j'ai pu côtoyer, comme Daniel Costantini. Il a eu le grand mérite de réussir à canaliser tous les forts caractères qui composaient l'équipe des « Barjos », au moment des Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone.
Justement, à quelques semaines de ceux de Pékin, que pensez-vous des menaces de boycott ?
J'ai eu la chance de participer à quatre Jeux Olympiques, je mesure cette chance. Les athlètes se sont donnés quatre ans pour préparer cet événement, pour connaître l'ambiance des Jeux, l'esprit inhérent à cette compétition. Il ne faut pas perturber tout cela en le mêlant à la politique. D'accord, il y a le problème des Droits de l'Homme au Tibet. Je suis un grand défenseur de cette cause. Mais ne mélangeons pas tout. Le sport est déjà assez envahi par le monde des affaires, par le dopage. Ne donnons pas une occasion pour faire un amalgame qui viendrait encore pourrir le sport.
Quatre participations aux Jeux, un statut plus que flatteur auprès des Français... Pensez-vous tout devoir au handball ?
Absolument. Lorsque j'étais gamin, je faisais du foot, du basket et du hand à la Réunion. J'ai choisi de faire du hand. Enfin, c'est plutôt le hand qui m'a choisi. C'est lui qui m'a permis de rejoindre la métropole, de jouer en équipe de France, de faire cette carrière. Si j'avais fait du foot ou du basket, je serais encore là-bas.
Et maintenant, que va être votre vie post-handball ? Vous voyez-vous jouer un rôle dans le développement de ce sport ?
Pour le moment je n'y ai pas trop pensé. C'est une nouvelle vie qui commence. Je vais notamment me consacrer à mon cabinet de transaction que j'ai monté à La Réunion pour assurer l'avenir des miens. Je vais d'ailleurs essayer de profiter d'eux, de passer plus de temps à leurs côtés. En ce qui concerne le hand, je ne me vois pas devenir entraîneur. Il y a un grand travail à faire pour ce sport, pour le promouvoir. J'ai eu la chance, comme je l'ai dit, de vivre le hand dans d'autres pays que la France, et il serait bien que les dirigeants aillent voir un peu à l'extérieur ce qui se fait au lieu de rester dans leur fauteuil.
Auriez-vous un conseil à donner à un jeune qui aimerait marcher sur vos traces ?
Oui. Je lui dirais de prendre du plaisir à faire ce qu'il fait. Il ne faut surtout pas baisser les bras, croire en soi. Chacun mérite que son étoile brille.
Enfin, avant de jouer ce soir à Lorient, que pouvez-vous nous dire sur la Bretagne ?
(Rires) Euh... pas grand-chose ! Ah si, Guéric Kervadec et la famille Quintin (tous les deux d'anciens partenaires en équipe de France) ! Et puis les crêpes bien entendu ! Depuis le temps que j'en entends parler, j'aimerais bien en manger ! Alors, si les gens en apportent pour le match, ça serait sympa. Je pourrais en manger pendant que les autres joueront (rires) !
Recueilli par
Romain GRUFFAZ.
(1). Jackson Richardson a successivement évolué à Paris, à l'OM Vitrolles, à Großwallstadt en Allemagne, à Pampelune en Espagne, puis à Chambéry.