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vendredi 25 juillet 2008

La féerie du vitrail prend vie sous les doigts

Le métier de vitrailliste requiert compétence, patience et modestie. Il répond à des règles très rigoureuses. Ici, sur la photo, les vitraillistes travaillent à l'application des oxydes avant cuisson.  Le métier de vitrailliste requiert compétence, patience et modestie. Il répond à des règles très rigoureuses. Ici, sur la photo, les vitraillistes travaillent à l'application des oxydes avant cuisson.

Marielle et Jean-Armel Le Fur sont artisans vitraillistes à Pontivy. À l'évocation de leur métier d'art, ils laissent transparaître leur passion.

« C'est un réel bonheur lorsque les vitraux d'une église ou d'une chapelle sont posés, que les échafaudages sont ôtés, et que la lumière du jour donne vie à notre travail. » Malgré leur savoir faire, Marielle et Jean Armel Le Fur cultivent la modestie. « Maître verrier est un peu pompeux pour nous, nous préférons nous dire vitraillistes. » La modestie est, certes, une qualité dans ce métier de minutie. « En premier lieu, il faut se rendre sur place, diagnostiquer l'état des vitraux. Ensuite il faut les déposer et les ramener à l'atelier. » Les artisans évoquent ensuite les contraintes professionnelles : « Nos chantiers sont parfois éloignés, en Anjou, en Normandie, en Vendée, et même en Île de France. Les chantiers répondent à un appel d'offres. Il faut donc participer aux réunions hebdomadaires. »

Une véritable alchimie. « Assembler toutes les pièces d'un vitrail est un puzzle, observent les vitraillistes. En moyenne, c'est quelque soixante-dix pièces numérotées qu'il faut relier entre elles à l'aide de profilés en plomb. Les segments sont ensuite soudés entre eux. » Mais, avant cette étape délicate, les artisans doivent se transformer en alchimistes et affronter d'autres contraintes. « Il nous est interdit de retoucher ou raviver les pièces d'origine. Nous devons donc conserver l'original en l'état et le doubler à l'aide d'une autre vitre sur laquelle nous reproduisons le motif tel qu'il devait être à l'origine. Les couleurs sont appliquées au pinceau. Ce sont généralement des oxydes de fer, de cuivre ou de manganèse. Nous les nommons « grisailles ».

Une cuisson à risque. Une fois les oxydes appliqués avec minutie et avant l'assemblage au plomb, il faut cuire les pièces du puzzle afin que les molécules des oxydes et du verre s'associent. Pour cela, les pièces sont déposées par étage dans le four. Mais la cuisson à haute température n'est pas sans risque. « Parfois ça explose. Il faut alors recommencer. »

« Les techniques de fabrication du vitrail ne datent pas d'aujourd'hui, expliquent les vitraillistes. Elles sont l'héritage des artisans et compagnons du Moyen âge. Elles ont fait leurs preuves de résistance au temps. S'ils n'ont pas été cassés, des vitraux de cette époque ont traversé les siècles en gardant leurs belles couleurs. » Ils restent cependant très peu de vitraux anciens.

Un long apprentissage. Les artisans précisent ensuite que leur métier requiert des connaissances en histoire de l'art. « Nous-mêmes, avons appris le métier chez un artisan. Il existe plusieurs écoles en France, à Nancy (Cerfav), à Nantes (Cifam), mais également à Paris et à Chartres.

Selon Marielle et Jean-Armel Le Fur, il y a 300 vitraillistes en France. Eux-mêmes emploient, à Pontivy, quatre personnes et un apprenti.

Certaines réalisations des artisans pontiviens sont visibles dans le Morbihan, à Pors-hol à Stival, à la chapelle du temple de Quistinic, à Languidic (Lanbézégan). Ils travaillent actuellement sur un projet de vitraux contemporains à Saint-Pierre-de-Quiberon.

Ouest-France

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