Circuler à Pontivy
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Circuler à Pontivy









Vendredi à Pontivy, le drame de Crédin est sur toutes les lèvres. Plus loin, sur la place Aristide-Briand, trois jeunes filles discutent. « On est terrifiées, avoue l'une d'elles. On n'arrête pas d'en parler, de se demander ce qui a pu se passer. » Elles ne sortent plus le soir ; parents, frères et soeurs multiplient les mises en garde. Sur Internet, un message laissé sur un forum de discussion propose de faire une marche en mémoire de Stéphanie Ropers. Les trois jeunes filles approuvent.
Au Grand Café ou au Plaza Café, les visages se ferment à l'évocation de l'affaire. « Entre barman, on se connaît. » La gendarmerie a fait son enquête. « On nous a demandé pourquoi c'est arrivé là-bas. On ne voit pas de raison particulière. L'isolement, peut-être... »
Bars et restaurants, des cibles faciles
Les restaurateurs s'inquiètent, notamment à cause des circonstances.
À la pizzeria le Men Glaz, les gérants connaissaient un peu Stéphanie Ropers. « Elle est déjà venue chez nous et on l'a déjà vue au Tavistock. C'était une jeune fille douce, réservée et sans histoire. Pas du tout une aguicheuse ou une inconsciente », se souvient Cécile Charby.
Le vol de la caisse comme mobile possible de la mort les préoccupe. « On était déjà très prudents. Quand on ferme, il n'y a bien souvent plus personne dans la rue. Bars et restaurants sont des cibles faciles. » Sans parler de psychose, pour Laurent Gaurion, la crainte est montée d'un cran. « Nous avons une employée. Le soir, nous faisons en sorte de la raccompagner en voiture ou bien que sa mère vienne la chercher. »
Les gérants s'avouent aussi rassurés par les tournées des gendarmes, « c'est rassurant ». Le balai des voitures de gendarmerie est incessant dans la commune.
Lors de la conférence de presse donnée hier par la procureure-adjointe au tribunal de Lorient, un appel à témoin a été lancé.
Nicolas BLANDIN.