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Pour les personnels du Gerbam, la fermeture du site est « un gâchis de compétences et de savoir-faire bâti sur six générations de travailleurs ». « Cette décision, reprend François Coté, je dois désormais la mettre en oeuvre, avec l'aide d'un nouveau chef de site, Pascal Pontailler. » Le personnel écoute, stoïque. Les visages sont droits. On y lit une émotion, contenue. Car ce que tous pressentaient, avec tristesse et colère, depuis des mois, se concrétise là, avec les premiers mots du directeur. « On avait beau l'imaginer, ça fait mal quand on l'entend », confie un salarié.
Deux siècles de présence
Voilà près de deux siècles de présence avalés par le Livre Blanc de la Défense. Les activités du Gerbam seront réparties entre les centres de Biscarosse et de Bourges, au nom de la rationalisation. Le site gâvrais deviendra terrain d'entraînement des fusiliers marins-commandos de Lorient.
Quinze des 78 salariés seront reclassés, sur place, auprès de la Marine. Et les autres ? Certains prendront leur retraite dans les toutes prochaines années. D'autres partiront dans le cadre du plan « amiante ». En fait, le reclassement concerne une quarantaine de personnes.
Les plus jeunes suivront peut-être l'activité, là où elle sera transférée. Les plus anciens, enracinés au pays de Lorient, chercheront à être reclassés localement. Dans d'autres administrations publiques. On pense bien sûr à DNCS, mais le constructeur naval, privatisé, n'est plus une entreprise d'État. Pourquoi pas l'Éducation nationale, ou l'Équipement, ou des collectivités territoriales qui, aussi, pourraient accueillir les personnels.
Le directeur du CELM s'engage à agir pour que « le reclassement de chacun d'entre vous puisse s'effectuer dans les meilleures conditions possibles ». Les personnels doutent. Au nom de l'intersyndicale CFDT, CGT, CFTC, Unsa et CGC, Job Le Méné revendique « un reclassement dans le bassin d'emploi de Lorient ». « C'est le minimum », martèle-t-il, dénonçant « l'absence de concertation », qui a marqué ces derniers mois.
Les salariés n'en démordent pas. Pour eux, la fermeture du Gerbam est « une belle connerie », « un gâchis de compétences et de savoir-faire bâti sur six générations de travailleurs ». Quant aux économies que l'État compte réaliser en fermant le site, Job Le Méné y va direct : « Un mensonge, clame-t-il. Le coût des transferts se monte à 18 millions d'euros par an... que devront supporter les contribuables français ! »
Le plan de marche du transfert du Gerbam sera bouclé, dans le détail, avant le 15 octobre prochain.