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Michel Grall : « Une réforme très importante. » Jo Kerguéris, sénateur UC-UDF. « Je regrette que le débat ait été un débat pour ou contre le président et que l'on ne juge pas le texte. L'avantage de cette réforme, c'est d'abord qu'elle existe. Si on ne l'avait pas voté, il n'y aurait pas eu de prochains rendez-vous d'ici longtemps et c'est pour cela que je ne comprends pas le vote des socialistes. Dans le contenu, nous sommes dans le prolongement des réformes de la cinquième République qui sont déjà concrètes, je ne remonte pas à 1962 avec le vote au suffrage universel du président mais, depuis, il y a eu le quinquennat et les législatives qui ont été placées juste derrière l'élection présidentielle. Nous pouvons dire que nous sommes, aujourd'hui, dans un régime présidentiel. Il faut donc donner au Parlement plus de force pourqu'il puisse exercer son rôle de contre-pouvoir. En outre, un nouveau pouvoir est donné aux citoyens car ils pourront soulever l'exception d'inconstitutionnalité d'un texte. Enfin, je dois souligner que Nicolas Sarkozy a été courageux. Il l'a dit, il l'a fait, il a pris des risques et il n'a pas reculé. »
Odette Herviaux, sénatrice PS. « C'est très simple, je partage la décision de mon groupe socialiste, qui est de voter contre cette réforme. Elle n'est qu'un trompe-l'oeil, un service a minima qui n'est là que pour permettre au président de s'exprimer devant le Parlement. Si on veut vraiment améliorer et le rôle du Parlement et la démocratie en France, il aurait d'abord fallu revoir le mode de scrutin du Sénat. Des propositions concrètes avaient été faites et n'ont pas été prises en compte. »
Jacques Le Nay, député UMP (Hennebont-Gourin). « J'ai voté pour la réforme de la Constitution et sans état d'âme car la réforme donne un peu plus de pouvoir au Parlement. Cinquante pour cent de temps de plus, donné à l'Assemblée, ce n'est pas rien. En général, nous légiférons de trop et nous n'avons pas le temps d'exercer notre contre-pouvoir. »
Loïc Bouvard, député UMP (Ploërmel-Questembert). Depuis que je suis député, j'ai toujours pensé que l'on ne donnait pas assez de pouvoir à l'Assemblée. Je me réjouis donc d'un meilleur équilibrage entre l'exécutif et le Parlement. En outre il ne faut pas l'oublier, c'était une promesse de campagne du président. »
Michel Grall, député UMP (Auray), président départemental de l'UMP. « Je suis pour. C'est une réforme très importante qui vise à réformer la vie du Parlement à trois niveaux : d'abord mieux contrôler l'action du gouvernement. Ensuite donner un nouvel équilibre sur l'ordre du jour du Parlement, à cinquante-cinquante entre le gouvernement et la représentation parlementaire. Enfin, pour l'efficacité, les textes qui seront débattus à l'Assemblée ne seront pas des textes bruts, mais seront déjà passés et amendés en commission. »
Françoise Olivier-Coupeau, députée PS (Lorient). « J'ai voté contre, comme tous les gens de gauche. Cette réforme fait la part belle au président et ne prend en compte ni les droits des citoyens ni de l'opposition. La seule chose qui aurait pu me faire voter pour, c'est l'intégration dans la Constitution des langues régionales, cause pour laquelle je me suis énormément battue. »
Gérard Lorgeoux, député UMP, (Pontivy-Elven). « J'ai voté oui car nous sommes dans la logique de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy avait dit qu'il s'attaquerait à des réformes, il l'a fait. Il faut savoir ce que l'on veut. Cela fait des dizaines d'années que tout le monde demande une réforme dans l'équilibre des institutions. Nous nous adaptons, ainsi, mieux à notre époque et à ce qui se fait dans les pays voisins. Voter une loi ce n'est pas pour cela être un parti godillot. La preuve, nous avons pu discuter sur le 49-3 (adoption d'un texte sans vote dans des cas exceptionnels) qui continuera à jouer un rôle essentiel en cas de crise. »
François Goulard, député UMP, (Vannes). Dans notre édition d'hier, nous avons donné son choix de voter « non ». En résumé, il estime que la réforme de la Constitution manque de cohérence et de logique qu'elle n'établit pas clairement les rapports entre le Président et le Premier ministre et que l'Assemblée n'a pas les moyens de remplir la moitié de l'ordre du jour. En bref il est contre la philosophie du texte car c'est un texte sans philosophie.