Oui et non, car je n'ai pas fait une super saison. Malgré tout, je n'ai pas mal marché en avril, mai, juin, mais ensuite on ne m'a plus fait confiance. On m'a même pris comme un con.
Qu'entendez-vous par là ?
Alors que je faisais partie de la présélection, je n'ai finalement pas été retenu pour le Tour de France. Je l'ai compris, et on m'a alors dit que je devais faire une belle fin de saison si je voulais resigner. Pourtant, durant la deuxième partie de l'année, je n'ai pratiquement pas couru : juste la Polynormande et le Tour de Burgos début août, puis la Classic de l'Indre à Châteauroux le 30 août. Et ensuite plus rien.
Pour quelles raisons ?
On a pris la décision de ne pas me faire courir pour me mettre dehors, voilà la raison. Initialement, j'avais pourtant des courses prévues à mon programme. J'avais par exemple reçu une convocation pour le Tour du Benelux, mais lorsque je suis arrivé à Armsterdam pour le départ, on m'a dit que je ne faisais pas partie des engagés. On m'avait également parlé du Tour du Limousin, du Tour d'Allemagne, du Tour d'Espagne, ou encore du Tour de Pologne. Finalement, je n'ai participé à aucune de ces épreuves. A l'arrivée, Martial Gayant (l'un des directeurs sportifs de l'équipe) s'est bien moqué de moi.
Finalement, votre départ était inéluctable.
Oui, j'ai fait quatre saisons à La Française et il était temps de tourner la page. Je n'étais peut-être pas fait pour courir dans une grosse structure. Ceci dit, je ne regrette rien. Cela ne sert à rien de vivre avec des regrets. C'est pourquoi aujourd'hui, je ne pleure pas sur mon sort.
Votre bilan depuis vos débuts chez les professionnels doit pourtant vous laisser sur votre faim.
Je n'ai pas obtenu de résultats, c'est certain. Mais, les premières années notamment, j'ai beaucoup couru à l'étranger sur des courses Pro Tour. Ce programme ne me convenait absolument pas. Et je ne suis pas le seul dans ce cas-là : combien de Français sont capables de gagner des courses de ce niveau ?
On vous sent désabusé lorsque vous évoquez votre expérience au plus haut niveau.
Oui, car je fais partie d'un monde d'hypocrites : on en a encore eu la preuve lundi avec le contrôle positif de Bernhard Kohl. Bien sûr, les contrôles positifs prouvent que la lutte antidopage fonctionne, mais je me dis malgré tout que certains n'arrêteront jamais. Là, on annonce qu'Armstrong va revenir, que Vinokourov et Basso aussi. Pourtant, ces gars-là, personne, du moins en France, n'a envie de les revoir sur un vélo. Vraiment, il y a de quoi être inquiet pour l'avenir du vélo.
Cyrille Monnerais en bref. Né le 24 août 1983 à Malestroit. Ses principaux résultats : 2e de la première étape du Tour de l'Avenir 2006 (maillot jaune pendant deux jours) ; 6e de Paris-Corrèze 2006 ; 10e du Duo Normand 2007 ; 11e du Tour de Wallonie 2007 ; 12e du Grand Prix de Plumelec 2008.
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