Football : « Lorient, une image sympa, une équipe joueuse »
Malgré ce tacle viril du Lorientais Ciani sur le Rennais Wiltord lors du match aller, les derbys entre Rennes et Lorient se disputent très souvent dans un très bon esprit. : Philippe Chérel
Ligue 1. Rennes - Lorient, samedi (20 h). Le derby breton du jour est-il le plus sulfureux ?Ils ont porté différents maillots bretons, ils s'expriment.
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• Sylvain Ripoll (joueur à Rennes de 1991 à 96 puis à Lorient de 1996 à 2003, entraîneur adjoint à Lorient depuis 2003) : « J'ai connu des derbys engagés avec Rennes face à Nantes mais avec le maillot lorientais sur le dos, cela s'est toujours bien passé. Le club ne génère pas d'antagonisme. Globalement, j'ai toujours disputé des derbys où seuls l'enthousiasme et l'aspect sportif étaient exacerbés. Alors disons que mon derby breton c'est quand même Rennes - Lorient car j'ai porté les maillots des deux clubs. Mais je n'ai jamais rencontré Lorient, l'inverse si !
• Yvon Pouliquen (joueur à Brest de 1982 à 87, entraîneur de Lorient de 2002 à 04 puis de Guingamp de 2004 à 2005) : « Le vrai derby breton, c'est Brest - Rennes. J'ai connu ça en L1, c'était mon derby quand j'étais joueur. Il y avait une certaine rivalité mais rien à voir avec les Guingamp - Brest d'aujourd'hui, c'est actuellement le derby le plus chaud mais pour d'autres raisons. Et puis jouer contre Rennes me laisse de bons souvenirs, notamment une victoire 4-0 chez eux (20 septembre 1985). C'était le premier match de Canal + en Bretagne, et j'évoluais avec Muslin, Petrovic, Buscher, Bernardet. Quand j'entraînais Lorient, les derbys étaient corrects, car les Merlus véhiculent une image sympa, d'équipe joueuse. »
• Christophe Le Roux (joueur à Lorient de 1987 à 90, à Guingamp de 1990 à 94, à Lorient de 1994 à 96, à Nantes de 1996 à 99, à Rennes de 1999 à 2002, à Guingamp de 2002 à 2005, et à Vannes de 2005 à 2007) : « L'impact d'un derby peut varier d'une saison à l'autre, parfois être lié aux classements des deux équipes. Les Rennes - Nantes, quel que soit le maillot que je portais, étaient généralement chauds. Brest - Guingamp, c'était pas mal non plus, et j'en ai disputé pas mal. Mais lequel est le principal ? Ce que je sais, c'est qu'avec Lorient, les derbys restent toujours dans les bonnes limites, c'est lié à la qualité du jeu proposé, au fair-play de l'entraîneur.
• Arnaud Le Lan (joueur à Lorient de 1996 à 2002, de Rennes de 2002 à 2005, à Guingamp depuis 2005) : « Avec Lorient, les derbys sont « cleans », cela colle à l'image du club, un jeu huilé sans agressivité. Et le Moustoir n'est pas un stade qui fait peur, j'ai pu le constater avec Rennes puis Guingamp. Je serais par contre curieux de voir une opposition Brest - Guingamp en L1 où un match à enjeux : les deux publics, les deux clubs ne s'aiment pas et, même si les joueurs sont copains en dehors, inconsciemment, ça rejaillit sur le terrain où ça peut partir dans n'importe quoi. Les derbys Rennes - Guingamp étaient aussi colorés avec les paradoxes entre les riches et les pauvres, les citadins et les ruraux. Chaque club jouait là-dessus. Avec Rennes, quand nous affrontions Nantes, c'était surtout la rencontre entre un club qui se cherchait un palmarès et un autre très titré. Alors que les deux villes étaient de même taille.
• Yoann Bigné (joueur à Rennes de 1996 à 2002, à Brest depuis 2006) : « Quand j'étais à Rennes, je me souviens que c'était surtout les Rennes - Guingamp qui étaient chauds. Mais les Rennes - Nantes n'étaient pas mal non plus, et suscitaient beaucoup de ferveur. Si les Brest - Guingamp se jouaient en Ligue 1, je suis certain qu'il y aurait aussi un énorme engouement. Mais on sent déjà une certaine rivalité entre les supporters, bien plus qu'entre joueurs. De toute façon, un derby reste un match qu'on a toujours beaucoup de plaisir à disputer. Les Rennais joueront à domicile et ils sont dans une période où ils vont devoir prendre des points rapidement. Comme Lorient n'est pas très bien à l'extérieur, je mettrais bien une petite pièce sur Rennes. »
Recueilli
par Éric HORRENBERGER.
avec Yannick LE COQUIL.
Ouest-France